{Pardon pour l’attente T.T ♥}
Les journées se ressemblaient trop. Cherry commençait à voir s’installer une sorte de routine dans sa vie, comme si tout n’était que la répétition du lendemain. Elle se levait, s’amusait, voyait des amis, et c’était fini. Jamais elle n’aurait cru dire ça un jour mais ne pas avoir de contraintes était vraiment lassant. Car Cherry faisait ce qu’elle voulait. Rien ni personne ne la forçait à faire des choses qu’elle n’aimait pas, et curieusement, ça lui manquait. Les conférences de presse interminables où on lui demandait des détails sur sa vie privée ; les longues séances de dédicaces ; les délais à respecter pour écrire un chapitre… Cette atmosphère épuisante avait disparu de son esprit récemment, mais peu à peu, elle semblait reprendre le dessus, inexorablement. Et Cherry se sentait tomber vraiment bas d’avouer qu’elle lui manquait.
Comme tous les matins, elle se leva, se dirigea dans la salle à manger. Salua quelques vagues connaissances et partit se promener sur l’île. Elle avait exploré quasiment tous les lieux désormais, et elle pouvait même dire sans mal qu’elle la connaissait par cœur. Son côté mystérieux et exotique avait disparu. Désormais, tout lui paraissait terne et lent. Le soleil brillant lui paraissait crasseux, l’herbe verte lui semblait jaunâtre et le bel et grand manoir était une vieille maison trop petite pour elle. Notre petite cerise serait-elle devenue capricieuse ? C’était fort possible. Et même si elle ne voulait pas y penser, c’était ainsi.
La vérité, c’était que l’écrivain adorait se plaindre et pleurer sur son sort. A ses yeux, c’était quelque chose de pareil à un nectar d’une boisson interdite qu’on ne pouvait l’empêcher de boire. Cherry était égoïste. Encore plus aujourd’hui que les autres jours. C’est pourquoi elle fit de son mieux pour éviter de croiser des proches à elle, histoire de ne pas faire une dispute qu’elle regretterait le lendemain. Elle était d’humeur plaintive, pas totalement idiote.
La journée était passée rapidement, mais pas trop non plus. Cherry avait trouvé le temps long, mais lorsqu’elle regardait son programme, tout lui semblait être passé à une vitesse folle et pourtant, les secondes défilaient avec une lenteur à vomir.
Sans trop savoir comment ni pourquoi, elle se retrouva devant la porte du salon. Regarder un peu la télé était aussi une action qui lui manquait. Ici, l’électricité ne trouvait aucune véritable place. C’était quelque chose dont il était facile de se passer. Et elle en convenait. Cela faisait des mois qu’elle vivait sans, et ce n’était qu’aujourd’hui qu’elle se rendait compte qu’il n’y en avait pas. Il faisait nuit, les couloirs étaient sombres. Elle ne savait pas qu’elle heure il était, mais elle aurait pu mettre sa main à couper que le salon était vide.
Hors, ce n’était pas le cas. A peine l’ouvrit-elle que la lumière dans laquelle baignait l’endroit l’éblouit. Il n’y en avait pas beaucoup pourtant, mais elle n’avait pas vraiment compris qu’il faisait nuit. Elle entra et referma doucement la porte derrière elle. Puis elle se jeta dans le canapé les yeux fermés sans même prêter attention à Alec et à la cheminé. Elle poussa un long soupir et posa son bras sur ses yeux avant de s’étirer de tout son long pour attendre quelque chose dont elle ne connaissait pas la nature.